L'Assommoir d'Emile Zola

Gervaise Macquart, mariée à Auguste Lantier et mère de deux enfants, Claude et Etienne, arrive à Paris. Très vite le couple se sépare et Gervaise fait la connaissance de Coupeau, bon travailleur, fidèle, ne buvant pas. Elle se marie avec lui et a une fille : Nana. Un jour, au travail, Coupeau est victime d'un terrible accident et tombe d'un toit qui le laisse convalescent pendant de longs mois. Pendant ce temps là, Gervaise, grâce à un voisin, Goujet, achète une blanchisserie. A partir de ce moment, la vie de Gervaise Macquart change, surtout lorsqu'Auguste Lantier réapparaît dans son entourage...

    
Roman de l'échec mais aussi roman de vie, roman historique, roman philosophique, L'Assommoir d'Emile Zola est sans doute le titre de la série des Rougon-Macquart le plus connu. Présenté par l'auteur comme une peinture de "la déchéance fatale d'une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs " l'Assommoir qui se passe avant Germinal nous plonge entièrement au coeur d'un voyage dans le temps.
D'une grande puissance littéraire, décrivant avec intérêt, passion et minutie la lente descente au enfer d'une blanchisseuse, nous sommes emportés par le style de Zola qui a voulu faire " une œuvre de vérité : le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas et qui ait l'odeur du peuple."
Il n'y a pas, pour moi, de meilleurs livres que les romans d'Emile Zola, pour évoquer les mutations de la vie au XIXème siècle et témoigner des sociétés ouvrières de cette époque. Après une ascension qui fait plaisir à voir, mais contient déjà les germes de la chute, nous assistons à la lente agonie de Gervaise, espérant avec elle une réussite qui ne reviendra pas, comme c'est coutumier chez Zola.
C'est un roman fort et sensible, un pavé qui se laisse lire et captive, aux personnages attachants et prenants. C'est une histoire belle et tragique, un résumé de nombreuses existences qui nous laisse songeur. On quitte à regret la rue de la Goutte-d'or et ses héros, pour mieux tendre vers un autre tome de la série et continuer à profiter de l'oeuvre de ce monument de la littérature française qu'incarne Emile Zola.
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A propos d'Emile Zola

Né en 1840, Emile Zola se retrouve dés l'âge de 7 ans orphelin. Contraint de quitter très tôt les études, il devient employé à la librairie Hachette après divers petits métiers. Il commence parallèlement à écrire des contes dont un volume paraît en 1864. Il fait la connaissance des peintres du moment tels que Monet, Cézanne, Renoir, Pissarro, Manet...Dés 1866, il décide de vivre de sa plume et commence à publier des romans, dont Thérèse Raquin, son premier succès. C'est le 22 juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l'éditeur Georges Charpentier lui assurant cinq cents francs par mois, que commence véritablement sa carrière littéraire, qu'il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. Peu à peu ses romans lui valent l'amitié d'écrivains comme Flaubert, les frères Goncourt, Daudet et Tourgueniev. Le succès de L'Assommoir, publié en 1877, septième volume des Rougon-Macquart, lui confère à la fois la notoriété et l'aisance. Sa maison de Médan devient, le jeudi où il reçoit, le lieu de rendez-vous de jeunes écrivains tels que Huysmans ou Maupassant.
Ses grands romans, Nana en 1880, Au bonheur des dames en 1883, Germinal en 1885, l'Œuvre en 1886, permettent au naturalisme de triompher dans toute l'Europe, où il est traduit, et lui font gagner 80 000 ou 100 000 francs par an. Zola es aussi connu pour son engagement dans l'histoire du capitaine Dreyfus qu'il soutient en rédigeant trois articles publiés par Le Figaro en 1895. J'accuse, publié le 13 janvier 1898 dans L'Aurore reste le texte le plus marquant de cette affaire. Il est alors condamné à un an d'emprisonnement et à 3 000 francs d'amende, il doit quitter la France le 18 juillet 1898. A son retour, en 1899, injurié, radié de l'ordre de la Légion d'honneur, abandonné par une grande partie de ses lecteurs, il fini par mourir asphyxié par le poêle de son bureau en 1902 . Une foule rendit hommage pendant ses obsèques à celui qui avait osé mettre en jeu sa notoriété au nom de la morale.
 
         
 

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