Au bonheur des Dames d'Emile Zola

Denise Baudu arrive de Normandie, sans travail à Paris où elle espère trouver secours auprès de son oncle, dirigeant d'un commerce, pour elle et ses deux frères, Pépé et Jean. Mais elle comprend très vite que l'oncle n'est plus en mesure de lui fournir du travail depuis l'installation du très grand magasin, Au Bonheur des Dames, juste en face de chez lui et qui mange peu à peu la production et les travaux des petits commerces. Tandis que Denise assiste à cette lente chute des petits magasins vers la misère, elle décide de rentrer Au Bonheur des Dames. Très vite, Mouret, lé gérant la remarque et petit à petit, en tombe amoureux. Mais Denise doit faire face à de nombreux problèmes, qui la mène loin des questions de l'amour...

    
L'histoire d' Au Bonheur des Dames n'est pas seulement celle de Denise Baudu et d'Octave Mouret, c'est aussi l'incroyable récit de la naissance des grands magasins. On sent tout au long du roman une fascination de Zola pour ce grand magasin, même s’il en fait un monstre engloutissant vendeuses et clientes. Bien sûr, au delà de ce gigantesque commerce se tisse la trame de la passion de Mouret pour Denise au fur et à mesure du récit. La conclusion finale présente pour la première et dernière fois chez Zola, une fin heureuse qui semble suspendue en cours d'écriture... En effet le lecteur reste sur sa fin (et faim) en ce qui concerne l'histoire de ce nouveau couple à peine le roman achevé.
La longeur pèse un peu au milieu du livre lorsque Zola décrit l'agitation d'Au Bonheur des Dames face à la chute des petits commerces, mais finalement le lecteur ne peut pas se détacher d'Au Bonheur des Dames avant d'avoir atteint l'ultime page et on en redemanderait même !
Comme toujours l'histoire est très bien structurée, mêlant avec habileté la description, l'Histoire avec un grand H, l'analyse d'une société en mutation et bien sûr, l'aventure amoureuse...
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A propos d'Emile Zola

Né en 1840, Emile Zola se retrouve dés l'âge de 7 ans orphelin. Contraint de quitter très tôt les études, il devient employé à la librairie Hachette après divers petits métiers. Il commence parallèlement à écrire des contes dont un volume paraît en 1864. Il fait la connaissance des peintres du moment tels que Monet, Cézanne, Renoir, Pissarro, Manet...Dés 1866, il décide de vivre de sa plume et commence à publier des romans, dont Thérèse Raquin, son premier succès. C'est le 22 juillet 1872, par la signature du contrat qui le lie à l'éditeur Georges Charpentier lui assurant cinq cents francs par mois, que commence véritablement sa carrière littéraire, qu'il mène de front avec le journalisme auquel il ne renonce pas. Peu à peu ses romans lui valent l'amitié d'écrivains comme Flaubert, les frères Goncourt, Daudet et Tourgueniev. Le succès de L'Assommoir, publié en 1877, septième volume des Rougon-Macquart, lui confère à la fois la notoriété et l'aisance. Sa maison de Médan devient, le jeudi où il reçoit, le lieu de rendez-vous de jeunes écrivains tels que Huysmans ou Maupassant.
Ses grands romans, Nana en 1880, Au bonheur des dames en 1883, Germinal en 1885, l'Œuvre en 1886, permettent au naturalisme de triompher dans toute l'Europe, où il est traduit, et lui font gagner 80 000 ou 100 000 francs par an. Zola es aussi connu pour son engagement dans l'histoire du capitaine Dreyfus qu'il soutient en rédigeant trois articles publiés par Le Figaro en 1895. J'accuse, publié le 13 janvier 1898 dans L'Aurore reste le texte le plus marquant de cette affaire. Il est alors condamné à un an d'emprisonnement et à 3 000 francs d'amende, il doit quitter la France le 18 juillet 1898. A son retour, en 1899, injurié, radié de l'ordre de la Légion d'honneur, abandonné par une grande partie de ses lecteurs, il fini par mourir asphyxié par le poêle de son bureau en 1902 . Une foule rendit hommage pendant ses obsèques à celui qui avait osé mettre en jeu sa notoriété au nom de la morale.

 

 
         
 

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