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L'Education sentimentale de Gustave Flaubert
Sur un bateau qui le ramène à Nogent,
Frédéric Moreau croise Monsieur et Madame Arnoux,
il tombe éperdument amoureux de celle-ci. Alors qu'il s'installe
à Paris dans le but d'y faire son droit, il est introduit
chez Arnoux à l'Art Industriel grâce à
Hussonnet. Il pénètre ainsi peu à peu le quotidien
de la famille dans le but de pouvoir approcher et séduire
Marie Arnoux. Cependant celle-ci refuse toute avance. Dans le même
temps, Frédéric commence une vie de bohême,
où il cotoie aussi bien les riches Dambreuses que des révolutionnaires
comme son meilleur ami Deslauriers...
L'Education sentimentale ou histoire d'un jeune
homme au coeur de la période qui enveloppe la révolution
de 1848, est un livre long. A sa sortie, le succès ne fut
pas au rendez-vous et l'on critiqua beaucoup Flaubert, auteur remarqué
de Madame Bovary et Salambô, pour
le portrait qu'il avait ici choisi de réaliser. Frédéric
Moreau est un personnage qui est double : il est à la fois
romantique dans l'amour qu'il porte à Marie Arnoux, et ambitieux
dans ses relations avec les Dambreuse. Mais c'est aussi un personnage
sur lequel on a du mal à trancher, qui est tout et son contraire
et qui ne se fixe jamais. Il a quelque chose d'agaçant.
La lecture de l'Education sentimentale est longue
et tortueuse, mais c'est un classique à ne pas négliger,
au moins à connaître dans les grandes lignes. Je suis
assez mitigée finalement sur lui. D'un côté
j'aime la façon dont Flaubert décrit minutieusement
les sentiments, les contradictions, l'environnement de Frédéric
et je suis happée par l'histoires, ses aventures amoureuses
sans cesse relancées. De l'autre, je suis énervée
des lenteurs, de ce personnage qui n'avance pas, de ces mauvaises
actions et de ses paroles qui sonnent faux. Il est un être
fascinant tout en étant détestable mais finalement,
c'est ce qui tient le lecteur : savoir s'il va parvenir un jour
à ses fins, à l'amour de Marie Arnoux et surtout à
la sincérité. De désillusions en désillusions
nous suivons avec un regard mi captivé, mi ennuyé
le parcours de ce héros qui est, c'est vrai, un roman à
lui tout seul.
Flaubert avec l'Education sentimentale et comme le
reste de ses romans, fait dans le réalisme et rien n'est
laissé au hasard pour le lecteur : tant du côté
de l'histoire que du côté de l'Histoire avec un grand
"H". Ce n'est peut-être pas le livre que l'on a
envie de prendre lorsque l'on est ado, d'autant plus que cela dresse
un portrait démysthificateur de l'amour, mais au final on
se laisse entraîner dans les événements. Et
lorsque l'on se dit : "c'est nul, j'arrête", quelque
chose nous pousse à continuer, ce fameux besoin de savoir.
Plus court, plus long, ça n'aurait rien changer, Flaubert
fleurte avec des hauts et des bas dans sa narration bien que son
écriture demeure toujours admirable, précise et rigoureuse,
c'est-à-dire sans faille. Finalement tout dépend de
la manière dont on s'accroche au personnage de Frédéric.
Soit il nous agace mais opère sur nous une sorte de fascination,
soit on le bannit de notre vue. A commencer et à voir ensuite
si l'on continue... selon le goût et l'humeur du jour.
Les avis des internautes sur ce livre
:
A propos de Gustave Flaubert
Gustave Flaubert, né le 12 Décembre 1821, mort
le 8 Mai 1880, est le fils d'un chirurgien de Rouen. En 1841 il
étudie le droit mais abandonne au bout de trois années
car sujet à l'épilepsie . Il fréquente quelques
personnalités littéraire et artistique comme James
Pradier, Victor Hugo ou Maxime Du Camp qui deviendra son grand
ami.
Il se lance dans l'écriture et rédige en 1849 une
première version de Les tentations de Saint Antoine, avant
de partir en Orient avec son ami Maxime du Camp jusqu'en 1852.
C'est le 19 septembre 1851 que Flaubert, poussé par ses
amis Louis Bouilhet et Maxime Du Camp, commence la rédaction
de Madame Bovary, à partir d'un fait divers normand. Il
achèvera son long roman réaliste et psychologique
en mai 1856 au bout d'un travail de 56 mois.
En même temps, il fréquente les salons parisiens
comme celui de Madame de Loynes dont il fut très amoureux
; il y rencontre entre autres George Sand.
À la fin de l'année 1856 Madame Bovary paraît
en revue puis, en avril 1857, le roman sort en librairie et fait
l'objet d'un procès retentissant pour atteinte aux bonnes
murs : Flaubert est acquitté grâce à
ses liens avec la société du second empire et l'impératrice,
et à l'habileté de son avocat,
D'autres romans suivront : Salammbô (1862), L'Éducation
sentimentale (1869) ou encore Bouvard et Pécuchet qui demeura
inachevé. Tiraillé entre réalisme et romantisme,
Flaubert était un obsédé de la phrase juste.
Son uvre, peuplée d'anti-héros est une tentative
de démythification, autour des thèmes d'ennui et
de déception.
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