Le Jeu de la Feuillée d'Adam de la Halle

Adam de la Halle veut partir pour Paris et devenir clerc. Mais ses amis d'Arras font tout pour empêcher ce départ rappellant qu'il ne peut quitter sa femme, même s'il ne voit plus les charmes de celle-ci. Son père, avare, refuse de lui donner de l'argent. Peu après arrive un médecin, un fou, dame douce, des fées, un moine,...qui viennent occuper la scène.

    
La première impression du Jeu de la Feuillée d'Adam de la Halle, c'est celle d'un énorme méli-mélo généralisé de personnages, de discours. Pourtant à la fin, et après un instant de réflexion, on peut voir apparaître une certaine cohérence de cette Farce du Moyen-Âge au travers les jeux d'opposition qui se font tout au long de la pièce : l'amour/l'étude, la santé/la maladie, l'enchantement/le désenchantement ou encore la religion/les fééries. Globalement l'ensemble du Jeu de la Feuillée d'Adam de la Halle donne le sentiment d'être au coeur d'une ménagerie et on aime ou on aime pas ce brouhaha général.
La farce du Jeu de la Feuillée est particulière et on ne voit pas vraiment en quoi elle est comique, d'un premier abord. Disons qu'elle nécessite des explications pour que l'on comprenne bien le sens de cette farce. Néanmoins elle reste intéressante d'un point de vue de l'histoire littéraire, se lit aisément (si on a la traduction bien sûr) et rapidement. A mon avis, jouée, cela doit être assez amusant et permet de rendre l'ensemble moins flou.
Le décalage avec notre époque est grand et les propos mysogines sont nombreux de mêmes que les thèmes scabreux ou basés sur la croyance. Le Jeu de la Feuillée se termine au sein d'une auberge où l'on s'énivre pour oublier le désenchantement du monde. Mais Adam de la Halle ne s'enfonce pas dans le pessimisme et aborde ces thèmes sous le ton de la raillerie et de la simplicité.
Cette farce de 1276 a donc de quoi en déconcerter plus d'un mais elle constitue un classique majeur dans l'histoire littéraire médiéval, qu'il ne faudrait pas ignoré. Le Jeu de la Feuillée se lit à la fois comme un divertissement mais aussi un enrichissement culturel. De façon général, je pense que ce type de pièce est plus adapté à une mise en scène qu'à une lecture car il n'y a aucun découpage en scènes, et très peu de didascalies, ce qui rend difficile l'appropriation du Jeu de la Feuillée. Vu sa longueur, n'hésitez pas à le lire !
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A propos d'Adam de la Halle

Surnommé aussi Le Bossus d'Arras ou Adam d'Arras, Adam de la Halle est un trouvère français né vers 1240 à Arras. Les informations, comme pour beaucoup d'auteurs du Moyen-Âge sont peu nombreuses et on ne connaît les moments de sa vie que par les écrits manuscrits qu'il laissa. Ainsi on dit qu'il serait le fils de maître Henri le Bossu, employé à l'échevinage d'Arras et qu'il aurait étudié à l'Université de Paris où il aurait obtenu le titre de maître des arts.
Vers 1262, il accompagne à Naples le duc Robert II d'Artois. Il devient assez jeune un des touvères les plus appréciés d'Arras, il est un partenaire de Jehan Bretel (mort en 1272), qui le tenait en haute estime.
Vers 1270, tournant définitivement le dos à une carrière ecclésiastique, il épouse une nommée Maroie Le Jais, et s'installe à Douai, en raison de difficultés avec la trésorerie d'Arras. En 1276 il écrit Le Jeu de la Feuillée puis Adam fait représenter à la cour de Charles d'Anjou Le Jeu de Robin et de Marion, son deuxième texte majeur, entre 1283 et 1284. Les spécialistes affirment qu'Adam de la Halle serait mort en 1287 à Naples mais cette date reste floue.
 
         
 

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