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Le Rouge et le noir de Stendhal
L'action se passe sous la Restauration, à
Verrières, une petite ville du Jura. Julien Sorel a dix-neuf
ans. C'est un jeune homme d'origine modeste. Il est le fils d'un
charpentier brutal. Sa condition le prédestine aux travaux
de force. Mais Julien Sorel, ambitieux , rêve de gloire et
s'évade dans la littérature. Il est fasciné
par le prestige de Napoléon, et se verrait bien épouser
une carrière militaire.
Ayant reçu une éducation par l'abbée Chélan,
il envisage finalement le séminaire. Il devient précepteur
des enfants de Mne de Rênal. Dés le début, un
lien se tisse entre eux deux et après plusieurs hésitations,
Mne de Rênal, tombe amoureuse de Julien et se livre à
la passion. Mais elle vit difficilement cette relation et cela plongera
Julien Sorel dans la fureur et le désir de vengeance...
Connu pour s'enliser dans les grandes descriptions de sentiments
de chacun des personnages, Le Rouge et le noir, de
ce point de vue là n'est pas une surprise pour tout lecteur
qui sait à quoi il doit s'en tenir. L'histoire, inspirée
d'un fait réel de l'année 1827, le procès d'Antoine
Berthet est indiscutablement précise, minutieuse et réaliste.
Rien n'échappe à l'écriture de Stendhal dans
les différents portraits qu'il réalise des trois personnages
principaux du roman. Alternant la focalisation, le récit
se développe lentement et parfois, il est vrai, plonge le
lecteur dans la monotonie et l'ennui. Pour peu que l'on s'accroche,
on fini par trouver un véritable plaisir dans cette lecture.
Sous le caractère indéniable de la qualité
d'écriture de Stendhal, l'histoire tragique naît, se
développe et sur les cent dernières pages, reprend
une grande vigueur. Le lecteur, happé ne peut finalement
pas lâcher le livre avant d'atteindre l'ultime ligne. Plongé
dans les derniers mots, encore marqué par les centaines de
pages, les milliers de mots lu, il ressort chamboulé, ailleurs
et reste un instant songeur. L'impression d'avoir lu une uvre
exceptionnelle domine. Oui, s'accrocher lorsque l'on ne pense plus
qu'à arrêter totalement la lecture en valait la peine.
L'histoire de Julien Sorel restera un classique de la littérature
comme on le dit bien souvent et à défaut d'innover
dans la critique de ce roman qui n'en nécessite même
plus, on ne pourra que confirmer ce que tant d'autres on dit de
Le Rouge et le noir. On s'amusera des nombreuses interventions
du narrateur au cours du récit tentant de donner crédibilité,
vie et réalité aux personnages, à l'histoire.
Je conclue par cette phrase de Julien Green sur le roman : "Cet
homme que j'aime si peu et dont je ne puis ouvrir un livre que je
n'en dévore aussitôt quelques pages, comme il me déplaît
et comme je l'admire."
A propos du roman :
"Notre plus grand romancier, Stendhal,
étudiait les hommes comme des insectes étranges, qui
vivent et meurent, poussés par des forces fatales; son seul
souci était de déterminer la nature, l'énergie,
la direction de ces forces; son humanité ne sympathisait
pas avec celle de ses héros, il restait supérieur
à leur misère et à leur folie, il se contentait
de faire son travail de dissection, exposant simplement les résultats
de ce travail. " Emile Zola, causeries dramatiques,
1881
"Pourquoi Julien hésite-t-il
entre l'uniforme et la soutane ? ... parce qu'il est un jeune homme
de la restauration, encore enchanté du prestige de Napoléon
et qui, dévoré d'ambition, se rend compte que le moyen
de parvenir n'est plus au bivouac... Cette continuelle oscillation
entre l'Armée et l'Eglise devrait nous donner l'idée
d'un temps bien vieux. Il n'en est rien parce que l'auteur a su
mettre un dessous permanent à ses accidents. Si Julien hésite
dans sa carrière, s'il est ému jusqu'à la frénésie
par son adaptation à la vie parisienne, c'est qu'il est un
plébéien en transfert de classe... Plus nous avançons
dans la démocratie, plus le chef d'oeuvre de Stendhal devient
actuel." Paul Bourget, Préface au Rouge
et le Noir, 1923
Le roman compte deux parties : la première retrace le
parcours provincial de Julien Sorel, son entrée chez les
Rênal, et la montée de ses ambitions au séminaire,
et la seconde la vie du héros à Paris comme secrétaire
de M. de La Mole et son déchirement entre ambitions et sentiments.
Histoire inspiré d'un fait divers : l'affaire Berthet qui
a eut lieu en 1827. Même cheminement que Julien Sorel.
Le Rouge et le Noir est également un roman
historique, car Stendhal tente de dévoiler les coulisses
de la révolution de 1830, avec comme trame la structure sociale
de la France de l'époque, les oppositions entre Paris et
la province, entre noblesse et bourgeoisie, entre les jansénistes
et jésuites. Dans Le Rouge et le Noir, Julien Sorel fait
l'objet d'une étude approfondie. Ambition, amour, passé,
tout est analysé. Le lecteur suit avec un intérêt
croissant les méandres de sa pensée, qui conditionnent
ses actions. Mathilde de la Mole et Madame de Rênal ne sont
pas en reste. Leur amour pour Julien, égal l'un à
l'autre, sont mis en perspective. Tout le monde est mis à
nu sous la plume de Stendhal.
Les avis des internautes sur ce livre
: 
A propos de Stendhal
De son vrai nom, Henri Beyle. Il est né en 1783 dans une
famille bourgeoise, a perdu sa mère à huit ans et
appréciera peu son père qui confiera son éducation
à l'abbé Raillane. En 1796, il entre à l'école
centrale de Grenoble. De 1800 à 1801, il part en Italie pour
faire la campagne d'Italie où il est nommé sous-lieutenant.
Revenu à Paris, il essaie de se faire une place, dans le
négoce, dans le succès littéraire ou en séduisant
des femmes. Ces années d'apprentissage auront une grande
influence sur le personnage de Julien Sorel dans Le Rouge et le
Noir. A partir de 1810, il participe ensuite à l'administration
et aux guerres napoléoniennes. Lors de la chute du Premier
Empire, en 1814, il part en Italie où il s'installe à
Milan. Pendant cette période, il écrit plusieurs uvres
autour de l'Italie ainsi que De l'amour. En 1821, parce qu'il est
accusé de sympathie pour les carbonari - affection particulièrement
ressenti dans la nouvelle Vanina Vanini , il est expulsé
de Milan.
De retour à Paris, presque ruiné après le décès
de son père, il entre dans le milieu littéraire en
fréquentant des salons littéraires. Ainsi, il a son
cénacle, et a même un disciple en la personne de Prosper
Mérimée. Il écrit des journaux, publie des
essais. En 1827, il publie son premier roman, Armance, suivi en
1830 du Rouge et le Noir, en partie influencé par la révolution
de juillet 1830. Ce roman connaîtra un beau succès.
Après cette révolution, il est nommé consul
à Civitavecchia. À Civitavecchia, il s'ennuie et part
voyager. Il ne réussit pas à terminer les uvres
qu'il commence (Souvenirs d'égotisme,Lucien Leuwen...). Après
avoir achevé son dernier chef d'uvre, La Chartreuse
de Parme en 1839, il meurt dans la nuit du 22 au 23 mars 1842 par
une attaque. Stendhal cherche « La vérité,
l'âpre vérité » dans le domaine psychologique,
et campe essentiellement des jeunes gens aux aspirations romantiques
de vitalité, de force du sentiment et de rêve de gloire.
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